Voiliers de travail
Goélette

- n.f. – orth. goulette, gouelette, goualette, gouillette (18e). - étym. de goéland, du 

breton "gweland". - syn. balaou (Antilles) ; schooner, fore and aft schooner (ang.) ;

gaffelschoner, vor und achter schoner, jacht schoner (all.). -

Le terme anglais de schooner a été utilisé pour la première fois pour un navire lancé à

Gloucester (Massachussets) en 1713. En France, la première mention écrite est de

Margry en 1740 : "bâtir une goélette de 80 tonneaux". La goélette est apparue pour la

première fois dans la marine anglaise en 1760.

goélette à étais (J. Bethel)

La goélette se caractérise par sa légèreté (50 à 100 tx), ses formes fines qui la rendent

propre au louvoyage, deux mâts très légèrement inclinés sur l'arrière avec des barres

sans hunes (elles ont parfois des huniers) et ses voiles auriques enverguées sur des

cornes (dimensions moyennes : L : 26 m, B : 6,55 m, TEar : 2,55 m). La grand-voile se

borde sur un gui, la misaine le long du bord. Elle porte en outre trois focs. Les

goélettes se divisent en deux groupes : les goélettes franches (gréées uniquement en

voiles auriques) et les goélettes à hunier ou carrées (gréées avec un hunier et parfois

un perroquet sur le mât de misaine).

Au 19ème siècle, on en a souvent construit avec un plus grand nombre de mâts. La

plus célèbre d'entre elles fut le sept mâts goélette THOMAS W. LAWSON  de 123

mètres de long pour un tonnage de 5.218 tonneaux. Construit en 1902, il sera le seul

sept-mâts construit. La coque est construite indifféremment en bois, composite ou

acier.

Dans son sens générique actuel, une goélette signifie plutôt une goélette à huniers en Europe et tout navire à gréement aurique en Amérique.

dans les textes :

 - "Une gouelette ou goëlette est une embarcation à deux mâts, voilée avec deux cornes ou goëlttes, une au mât de misaine et l'autre au grand mât

… Ces embarcations portent de plus une trinquette ou voile d'étai de misaine et deux ou trois focs sur leur beaupré." (Babron, 1817)

(Kerchove, Dictionnaire de l’Océan, Buisson, Vial de Clairbois, Javault (NEP73), Bethel, Bruzelius, Danzat, Bonnefoux, Soe, Mandragore)

En pratique, on trouve de nombreuses variantes à ce gréement. Nous les présentons ci-après :

Goélette franche

- syn. gaff rigged schooner, gaff schooner (ang.) La goélette franche est une goélette sans hunier, gréée avec des voiles auriques surmontées d'un ou deux flèches. Elle était très populaire au 19e siècle dans les pays anglo-saxons. Elle est parfois prévue sans flèche et est alors appelée chez les anglo-saxons  bare-headed schooner ou bald-headed schooner.

Goélette à hunier

- syn. goélette carrée ; square topsail schooner, topsail schooner, tern schooner (ang.). Ce type de goélette à voiles aurique, gréée avec un hunier sur le mât de misaine, et même, parfois, avec un perroquet, était très populaire dans le début des années 1800 à l'île du Prince Edouard (Canada) où elle était construite. On en trouve des versions avec mâts inclinés, mais aussi avec une fortune carrée établie avec une hune dans les vents portants. Enfin certains huniers étaient à rouleaux, ce qui permettait de les manœuvrer depuis le pont. Ces goélettes étaient utilisées dans des circonstances très variées : comme clipper en Amérique (clipper de Baltimore), comme navire de guerre, comme navire de pêche au large (goélette d'Islande). En France, la marine nationale en a conservé deux comme navire-écoles (Etoile et Belle-Poule). (Soe, Kerchove, DDO, Buisson) goélette à huniers (DR)

Goélette à trois mâts

- syn. tern schooner (ang.) Une goélette à trois mâts ou trois-mâts latin (ne pas confondre avec un trois-mâts goélette), est un navire généralement grééen voiles auriques. Il existe également des goélettes à trois mâts à voiles bermudiennes, d'autres à voiles d'étai. Ce type de voilier diffère des goélettes classiques par ses mâts qui sont généralement tous de la même hauteur. Ces bateaux de transport de 200 à 400 tonnes étaient construits dans les années 1870-1920

Goélette à quatre mâts

syn. four-masted schooner.

Goélette d'origine américaine armée par huit hommes seulement pour le cabotage sur les côtes

américaines. Elle portait de 5 à 700 tonnes et gréait des voiles auriques sur tous les mâts. Les chantiers de

Nouvelle-Écosse en construisirent plus d'une centaine et peut-être des centaines selon les auteurs. Le

premier quatre-mâts goélette fut construit à San Fransisco en 1864. Il s'agissait en fait de la transformation

du Victoria de 344 t. (Bruzelius, DDO)

Goélette bermudienne

 – syn. bermuda schooner, bermuda rigged schooner. Goélette à gréement bermudien (ou marconi) des îles Bermudes, ayant environ 20 mètres de longueur sur 6 ou 7 mètres de large. Armée en contrebande, elle pouvait porter dix-huit canons de calibres 4 et 6. Elle est toujours utilisée en plaisance. (Bonnefoux, Kerchove)

Goélette à étais

goélette à étais (DR)  - syn. staysail schooner. - Goélette bermudienne munie de voiles d’étais.  

Goélette islandaise

- syn.  two masted fishing schooner.

Goélette carrée (de Paimpol à Dunkerque), destinée à la pêche à la morue au large de l'Islande (dimensions moyennes : L : 35 m, B : 7,50 m, C : 5 m, pour un tonnage de 100 à 180 tx). Elle se caractérise par quelques innovations par rapport à la goélette classique du milieu du 19e siècle, dont en particulier l'adoption du hunier à rouleaux . Ce type de goélette, appelée encore plus simplement un islandais, a été très répandu sur les bancs jusqu'à l'apparition des chalutiers à vapeur vers 1905. La goélette islandaise a été conçue et développée à Paimpol par le chantier Louis Laboureur. La marine française a conservé deux goélettes islandaises : la Belle- Poule et l’Etoile.   goélette islandaise Les anglo-saxons distinguent un deuxième type de goélette de pêche, le Grand Bank Fishing schooner qui est une goélette islandaise ayant en plus entre les deux mâts une voile d'étai qu'ils nomment "fisherman sail". (Buisson, Duron) dans les textes : Concernant la construction de ces goélettes d'Islande au 19e siècle, qui demandait entre trois et sept mois, voici la transcription d'un contrat typique de l'époque:   "Mr. ... s'engage à construire pour Mr. ..., qui accepte, une coque de navire pour être gréée en goélette et servir pour la pêche à Islande. Cette coque aura les dimensions suivantes :  (exemple) longueur 27,20 m largeur   6,25 hauteur  3,30 m jauge     147 tx   Ce navire sera construit pour être de première marche, sous la surveillance du Veritas et dans les conditions voulues pour être de cote spéciale 3/3 avec la croix. (nota : le navires ayant la cote Veritas portaient une croix de Malte sur le tableau arrière)   Les matériaux seront de première qualité, chêne blanc, orme dit à petites feuilles, sapin rouge du nord. Les bordages extérieurs auront quatre attaches, soit deux gournables, deux clous, un clou où se trouverait une cheville. Le chevillage sera en cuivre rouge et les clous en métal à 1,75m de hauteur à l'avant et 2,25m à l'arrière. Tout le cloutage et chevillage, ainsi que tous les ferrements de la coque, en fer galvanisé. Guindeau à pompe; deux écubiers à l'avant et deux à l'arrière; deux galoches en fonte sur le couronnement; chaînes de haubans, pitons, boucles de pont et tous ferrements attenants à la coque à la charge du constructeur.   Tout ce qui concerne l'armement : ferrements de mâture, pouliage, canot, reste à la charge de l'armateur. Corroi, brai, coaltar, à la charge du constructeur. Aménagements, tant pour la chambre du capitaine que pour le logement équipage, bacs en cale, bacs sur pont, courbes, fargues, tables, couvertures de tonnes au nombre de dix, et tout travail charpentage et menuiserie seront exécutés par le constructeur.   La mâture, comprenant deux mâts en bois de pitchpin pour le grand mât et en Riga pour la mât de misaine, beaupré en pitchpin, vergues, bôme et autres bois ronds en bois rouge de Suède de première qualité; tous ces bois ronds prêts à recevoir leur ferrement."   Une goélette de ce type valait environ 44000 f payables en trois tiers : un à la commande, un quand le navire est en bois tors et le solde au lancement, muni du certificat Veritas.   Le lancement était l'occasion d'une petite cérémonie : "Voilà comment cela se passe avec les maisons sérieuses de Dunkerque. Après le lancement, les ouvriers charpentiers viennent présenter des bouquets; les armateurs leur donnent cent francs. Les gréeurs en font de même, mais on leur donne 25 francs car ils sont moins nombreux et la durée de leur travail est moins longue. Quand le navire est à l'eau, il se verse quelques verres de champagne que l'on offre aux invités. Cela se fait dans la chambre du navire. "

Goélette hermaphrodite

syn. hermaphrodite schooner (ang.).  Goélette dans laquelle la voile de misaine bômée est remplacée par une voile d'étai (ou pouillousse). Ce gréement peu courant fut utilisé dans les années 1850 en Angleterre. (Kerchove) Goélette antillaise – Appelées aussi pilote-bots, elles étaient remarquées aux Antilles, au 18e siècle, pour leur marche rapide. (Lescallier)

Goélette malaisienne

– De petite taille, ces voiliers originaires du Sarawak ont leurs formes largement inspirées des goélettes européennes. Ils dépassent rarement les 100 tx.

Knockabout schooner  - goélette sans beaupré.

Cat-rigged schooner - goélette sans beaupré ni voiles d'avant. Son mât de misaine est très avancé sur l'avant.

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