Voiliers de travail
Galéasse

 n.f. – orth. galeace. – syn. galée grosse, galéace ; galeass, galeas (ang.)

; gato (Levant) ; mahonne (turc). - étym. de "galée", de l'italien

"galeazza", ou "galea", galère.

1.

La galéasse (1) apparaît à Venise vers le 15e siècle. C'est un

vaisseau de bas bord d'une cinquantaine de mètres (dimensions

moyennes : LHT : 56 m, B : 7 m), à trois mâts à voiles latines et à

rames, armé d'une trentaine de canons et d'une dizaine de pierriers,

calquée, sur les galées. Plus grande que la galère, elle arme 30 à 32

bancs (2) de chaque côté avec 5 à 7 rameurs par banc. La galéasse est

en outre pourvue d'un véritable château arrière élevé pour les

officiers et d'un gaillard avant massif mais bas. C'est plus un navire à

voile qu'une galère qui s'est illustré à la bataille de Lépante. Les plus

grandes galéasses avaient 50 canons et 1500 hommes d'équipage.

(Burlet, Clairac, Ducéré, Jal, Fournier)

2.

Elle sera peu utilisée en Atlantique sauf au sein de "l'Invincible

Armada" qui en comptait quatre. Jean Rose, armateur normand en fit

construire une de 200 tx en 1549 pour le roi Henri II.  Les basques en

construisirent quelques unes. Le roi Charles IX assita au lancement de

la Caroline de 500 tx, en 1563 à Saint Jean de Luz (3). A la même

époque les chantiers de Bilbao en construisirent une de 800 tx. Les dernières galéasses ont été construites au tout début du 17e siècle. (La

Roncière)

3.

Bateau de la Baltique à deux mâts avec gréement de ketch, dans lequel le hunier de grand mât est souvent remplacé par des "ailes de pigeon"

(4). Sa coque a une étrave droite et un arrière à tableau. Ses dimensions moyennes

sont de 17 à 23 mètres de long pour 5 à 7 mètres de large avec un creux de 2,6 à 4

mètres, pour un tonnage de 40 à 200 tx. Il servait au transport du poisson et pour la

chasse au phoque dans les zones polaires. Ce caboteur servait encore au 19e siècle. 

notes

(1) Burlet, René – Les galères au Musée de la marine – PUPS, Paris, 2000, pp193-208 (2) Cleirac dit "qui ont cent rames et cent bancs" (?). (4)  Les ailes de pigeon sont deux petites voiles triangulaires qui remplaçaient parfois le hunier sur les ketchs.

dans les textes

- "La grosse galère donna naissance à la galéasse vénitienne, qui fut le géant des

bâtiments à rames aux XVe et XVIe siècles.

On doit à Pierre Martyr d'Anghiera, ambassadeur de Ferdinand et Isabelle, des détails

intéressants sur l'armement et l'équipage de la galéasse. Dès longtemps, écrit-il,

Venise avait adopté pour le transport de ses marchandises, comme plus propre à

remplir cet office, plus commode et plus sûre dans la navigation que tous les autres navires, cette espèce de bâtiment que nous appelons galéace.

Les côtés de la galéasse étaient garnis de 25 bancs à 3 rames par banc, chaque rame maniée par un seul rameur. L'équipage était de 200 hommes

environ, parmi lesquels 150 rameurs. La galéasse vénitienne du XVe siècle pouvait être longue de 149 pieds, large de 25, haute de 10. Le port était

de 500 tonneaux. Elle avait trois mâts à voiles latines.

La galéasse se développa considérablement à la fin du XVe siècle. On augmenta les proportions, on diminua la puissante mâture et la longueur de

anciennes antennes, on subdivisa les voiles des trois mâts”. (Anthiaume)

- "Galeasse, est une grosse galere & vaisseau long de bas bord à voiles & à rames" (Dassié,1677)
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