Voiliers de travail
CHE - COQ

Chebacco boat

 – Bateau de pêche du port d'Essex (anciennement appelé Chebacco) (Mass., USA) à l'arrière pointu et relevé. Il fut utilisé en Nouvelle-Angleterre

jusque dans les années 1820. (Kerchove)

Chébec - n.m. - orth. chébek, chabec, chabeck, chabêk, chébeck. – syn. sciabecco (italien), xebek 

(ang.), xabeco, chabek, jabeque. - étym. du grec "habka", de  l'arabe "chabaka", chalutier.

Chébec Le chébec arabe était connu en Sicile dès le 10e siècle. Au 17e siècle, il devint un trois-mâts pouvant atteindre 600 tonnes (la moyenne était de 150 t pour une longueur de 30 à 40 mètres) (1). Utilisé pour le commerce, il était aussi très prisé des pirates et des corsaires. Les français l'utilisèrent en guerre dès 1742, et jusqu'à la fin de l'Empire, comme corsaire, avec un armement de 14 à 26 canons. Ses formes sont particulièrement fines et il peut aussi naviguer à l'aviron. L'étrave est très élancée et l'arrière se termine par un couronnement débordant largement l'arcasse. Leur gréement varie : les uns sont gréés avec des voiles carrées sur une mâture à pible, les autres ont des voiles latines (2) enverguées sur des antennes. Le mât de misaine y est, ordinairement, incliné sur l'avant. Tous les chébecs sont peints en noir avec un ligne blanche ornée de faux sabords. La mâture est peinte en bleu et blanc. Les petits chébecs étaient appelés demi-chébecs  ou misticos. On note aussi des variantes de chébec comme le lambequin ou le chambequin au 18e siècle. (Jal) (1) Bonnefoux et Pâris donnent des dimensions maximales beaucoup plus petites : 15 x 4 x 1,80 mètres, pour un tonnage de 30 tx. Peut-être décrivaient-ils un demi-chébec. (2) C'est leur gréement d'origine.  

Checchia  - Bateau de l'Adriatique du 18e siècle, de 22 à 50 m de long, monté par une dizaine

d'hommes. (MM100-1)

chechia

Chehar – Boutre est-africain. (Buisson)

Chélande n.f. – syn. Chélandion, salandria - var. chelandia, sélandre.

– Galère byzantine de haut bord proche et même probablement semblable au dromon, employée du

10e au 16e siècle pour les expéditions militaires. Ainsi Louis IX (Saint-Louis) en affrèta-t-il à des

génois en 1268. Au début, il y avait deux étages de rames pour 100 à 150 rameurs, mais est classée

dans les navires sans rames à compter du 13e siècle.

(Bonnefoux, Planholl, Jal)

dans les textes

"La sélandre est représentée par les documents des VIIIe, IXe et Xe siècles comme un grand navire à rames. Au Xe siècle, c'était, comme le dromon,

une sorte de galère d'une longueur extraordinaire et d'une merveilleuse rapidité, ayant de chaque côté deux rangs de rames, l'un immédiatement

au-dessus de l'autre. Il y avait 25 rames à chaque rang, tribord et babord. La rame inférieure était maniée par un seul homme et celle de l'étage

supérieur par deux ; elle portait donc 150 matelots. La dimension de la basse rame était de 15 à 20 pieds et celle de la rame supérieure de 25 à 30

pieds environ.

Longue de 150 pieds, haute de 15 et large de 24, la sélandre était plus grande que le dromon ordinaire. Constantin Porphyrogénète (1) cite des

sélandres de 220 hommes d'équipage : 150 nageant et 70 réservés pour le combat ou le remplacement de rameurs fatigués". (Anthiaume)

Chélande huissier

  - La chélande-huissier était un navire transportant des troupes et des chevaux, navire à rames qui gardait quelque ressemblance avec la chélandre.

Chélandre pamphile - var. sélandre pamphile.

- La chélandre pamphile tenait à la fois de la chélandre et du pamphile, navires essentiellement marcheurs avec deux étages d'avirons, un éperon à la proue, et à leur mât un château armé pour l'attaque ou pour la défense. dans les textes : - "Constantin Porphyrogénète rappelle qu'en 949 le stratège de Samos fut envoyé en Crète avec un certain nombre de navires, parmi lesquels il y avait douze sélandres-pamphiles, six portant 150 hommes et six avec 120 matelots. Très probablement, les premiers employaient 100 rames et les seconds 80 ; les rames de rang supérieur étaient tenues par deux hommes et celles de l'étage inférieur par un seul homme". (Anthiaume) 

Chelingue - cf fiche

Chemplong 

– Pirogue à rames de l'est Indien, armée par 12 hommes et pouvant porter jusqu'à 2,5 tonnes (dimensions moyennes : LHT: 20 m, B: 1,70 m, C: 70

cm). (Kerchove)

Chenard

- syn. chenière - Ancien bateau plat de la Saône. Son nom lui vient apparemment de son bois de construction, le chêne. (Berna)

Chenière

1.

    Bateau fluvial de la Somme. Les plus grandes chenières connues à la fin du 19e siècle ont 30,50 m de long pour 5,05 m de large. (PP13)

2.

    Bateau de charge du 19e siècle sur l'Aude et sur l'Yonne, portant de 60 à 200 tonnes selon la hauteur des eaux. La chenière était appelée

auvergnate ou roannaise sur la Loire. (Berna)

Chen-koo – Bateau de pêche non ponté de Swatow (Chine) (dimensions moyennes : LHT: 10 m, B: 9 m).(Kerchove)

Chenpotze Jonque chinoise du Yang Tse. (MM22-4)

Chinchorro

1.

    Petite annexe de pêche non pontée, portugaise ou espagnole marchant à la rame, plus rarement avec un petit mât et une voile latine

(dimensions moyennes : LHT: 6 à 9 m, B: 1,30 à 2,10 m, C: 0,40 à 0,60 m).

2.

    Dans les marines marchandes ibériques, équivalent de notre youyou.

(Kerchove)

Chinchorrohan – Pirogue philippine avec 10 à 14 bancs de nage, ayant parfois des balanciers et une voile.(Kerchove)

Chinedkulan

– Pirogue à rames, construite en planches de l'île Tobago, avec un arrière surélevé. Elle peut embarquer dix rameurs assis et un barreur avec un

aviron de galère. La coque compte quatre virures renforcées par deux membrures à un tiers de la longueur et cinq barrots qui servent en même

temps de support aux bancs de nage. Des bateaux similaires sont construits par les Bataans dans le nord des Philippines. (Kerchove)

Ching

– Nom générique des bateaux de pêche à la ligne dans le golfe du Mexique pourvu que ce bateau soit à moteur ou à voile, et fasse moins de 20 tx.

(Kerchove)

Chippe de Saint-Suliac

- Petit canot de la Rance, mentionné dès la fin du 17e siècle, et qui a disparu de nos côtes après 1945. Ce canot était

pointu aux deux extrémités, propulsé par quatre avirons particuliers, appelés « hamblons ». Il portait accessoirement une

petite voile au tiers (dimensions moyennes L: 5,37 m, B: 2 m, C: 90 cm)

(Gaubert, CM175) chippe (A. Clouet)

Chitiha n.f. - var. scitia, sitiha, sitia, chitiya, scitie, saëtte (fr.) ; sette (ang.) ; saetia(esp.)

– A l'origine, bateau à rames très léger, utilisé par les arabes et les siciliens, qui grandira au 17e siècle

en adoptant des voilures mixtes (latines et carrées). Plus tard encore, il sera décrit comme un bateau

du bassin méditerranéen, différent du chébec par sa taille plus petite et par la voilure du mât de

misaine et du mât principal. Ce dernier porte en effet une voile aurique, et le mât de misaine porte

trois voiles carrées.  Ses dimensions moyennes sont de 19 mètres de long pour une largeur de 4,5

mètres et un tirant d'eau de 1,80 mètres. Ce bateau a disparu à la fin du 19e siècle.

(Buisson, Planholl, Duron, MM87-3) chitiha (A. Clouet)

Chnèke  - orth. Shniaka, schnekke - bateau de la mer Blanche.

Chniaka

n.f. - orth. chneque. – Bateau du nord de la Russie, remontant au moins au 12e siècle, creux, ponté aux deux bouts. 

Le fond est monoxyle, mais le bordage est à clins. L’étrave est arrondie pour passer dans la glace. L’arrière est peu

incliné avec un gouvernail sur l’étambot. Elle portait un ou deux mâts à voiles carrées. Ce bateau était encore utilisé

au 19e siècle par les lapons, jusqu’au cap Nord. (Duron)

chniaka (A. Clouet)

Chokkibune

- Bateau utilisé à l'époque Edo (1603-1867) au Japon.

Chum boa  - cf. striker boat

Chu-p’ai - Radeau de bambou de Formose avec deux ou trois dérives rectangulaires relevables. (MM53-1)

chu-p’ai

Cimba  - bateau de pêche phénicien. (Valturio, 1555) 

Cinq mâts goélette - n.m. - Goélette à cinq mâts à gréement aurique. (DDO)

Cinq-mâts barque  - n.m. - syn. five-master, five masts ship (ang.).

Bateau à quatre mâts gréés de voiles carrées et un cinquième, dit brigantine, gréé aurique. Le "France 2"

portait ainsi 6.000 m² de toile pour faire ses transports de nickel depuis le Nouvelle-Calédonie, jusqu'à son

naufrage en 1922.

Cinq-mâts carré - n.m. - Le seul cinq-mâts à phares carrés jamais construit, fut le

"Preussen" lancé en 1902.

Civadière - Bateau fluvial français. (Berna)

Clinquart - n.m. - orth. clincar, clinque, clincart.

1.

    Bateau de pêche au hareng utilisé en Manche à Etretat et Dieppe jusqu'au milieu

du 19e siècle.

2.

    Caboteur de la Baltique à fond plat, du 19e siècle connu sous le nom de clincar

d'après Pâris.

Clipper orth. Klipper (19e)

clipper

1.

    Voilier à gréement carré très rapide utilisé à partir de 1843 par

les anglais dans le trafic du thé avec la Chine*. Les américains

copièrent rapidement les anglais dans ce type de construction,

et ce type de bateau se répandit en Californie et en Australie,

puis deviendra le roi des voyages au long cours jusqu'à

l'ouverture du canal de Suez en 1869.

Construits en bois à l'origine, l'acier interviendra dans la

construction à partir de 1863. Les formes et les gréements de

ces bateaux étaient assez variables, mais tout était orienté sur la

vitesse. Ainsi le rapport longueur / largeur est-il diminué pour

permettre de porter plus de toile. Le gréement était

généralement un gréement barque ou carré. Les premiers

clippers anglais faisaient entre cent et trois cent tonnes.

Les derniers clippers américains étaient beaucoup plus gros (le plus gros jamais construit, la Republic, faisait 3.357 tonneaux). Le plus petit

clipper construit fut le Chrysolite de 471 tonnes. Les américains ont donné le nom d'extreme clipper à leurs plus grands clippers, avant de

revenir dans les années 1855 à des bateaux plus légers qui prirent le nom de medium clippers.

2.

    Par extension, on a donné en Europe au 19e siècle, le nom de clipper à tout navire de moyen tonnage orienté vers la vitesse.

(Kerchove, Bonnefoux)

Clipper de Baltimore - cf pungy.

Coalannito

syn. barca di guardia. -  Petit bateau de pêche, à rames, italien, non ponté, qui se plaçait à l'entrée de la chambre de mort des grands filets, afin

d'observer les mouvements du poisson. (Kerchove)

Coble

syn. coble (ang.). - Barque de pêche anglaise localisée dans le Northumberland et sur la côte nord-est de

l’Angleterre. Elle se caractérise par une étrave massive se prolongeant par une forte quille qui disparaît vers

le milieu de la coque pour laisse la place à une planche d’usure très épaisse qui remonte en arrondi vers le

tableau arrière. Le gouvernail dépasse largement le fond du bateau. Ce bateau a deux tolets pour la nage et

porte un mât avec voile au tiers. Il n'a rien à voir avec le salmon coble écossais.

coble (A. Clouet)

Coca - cf coque.

Cocca mercacante syn. cocca. - Nom italien du dromon, selon Cleirac.

Cocha

- bâtiment construit à clins, avec un gréement carré et un gouvernail d'étambot. Il aurait été introduit par les pirates bayonnais en Méditerranée

vers 1303-1304, réintroduisant ainsi au Levant la voile carrée abandonnée depuis la fin de l'Antiquité.

Coche d'eau

 n.m. - étym. du hollandais "cogge", du bas latin "caudica" ; ou de l’allemand "kutsche". - syn.

barque cochère ; passage boat,shore boat (ang.).

coche d’eau (A. Clouet)

- Depuis le 17e siècle, on désigne ainsi des bateaux à passagers faisant des lignes régulières sur

les fleuves français. Ces bateaux mesuraient 15 à 20 mètres de long, avaient plusieurs locaux à

l’intérieur pour transporter leur centaine de passagers. Le halage se faisait depuis un fort

mâtereau placé au milieu du bateau, que l’on devait rabattre à chaque passage de pont. A la fin

des coches, au début du 20e siècle, le moteur a remplacé le halage.

(Buisson, Bonnefoux, CM16, Duron, Baudouin)

Cochère

- Barque des lacs Léman et d'Annecy. Elle est issue des anciennes galères dont elle garde les 

flancs évasés dans sa forme dernière. L'étrave est plus haute que l'arrière à tableau qui est le

côté par où l'on accoste et qui sert au chargement. Il en résulte que la quille remonte vers

l'arrière et que le gouvernail est démontable. La cochère porte deux mâts avec des grandes

voiles à antenne et un grand foc amuré sur bout-dehors  (dimensions types : 10 x 3, soit 3t, avec

46 m² de toile).

(Buisson, Baudouin) cochère (DR)

Cogue

n.f. - orth. cog, coque, cogghe, cogge, kof. – syn. cog (ang.) ; cogghe, cogge, kog (flamand) ;

cocha (esp.) ; coccha (vénitien) ; kogge (allemand) ; cocca (italien).-  étym. du vieil espagnol

""coca"", du latin ""concha"", coquille. –

1.

L'origine de la cogue remonte au moins au 5e siècle (appelée alors bateau de Bruges). Il

avait alors un fond plat sans quille, avec un franc-bord relativement élevé. Ses dimensions

sont modestes (LHT: 14.5 m, B: 3.5 m, C: 1.35 m).

2.

Type même du bateau "rond" du Moyen Age, c'est un bateau de charge haut sur l'eau, armé par une vingtaine d'hommes. Sa taille atteint

rarement 30 mètres pour 8 de large et un tirant d'eau de trois mètres maximum. Il emportait 150 tx et était armé de quatre bombardes au

14e siècle. A cette époque, le bordé (à clins dans le nord, à franc-bord dans le sud) est assemblé par des clous recourbés et il y a un pont avec

des écoutilles. Son étambot est rectiligne et sera doté dès le 12e siècle d'un gouvernail axial en remplacement des deux gouvernails latéraux.

L'étrave est élancée, arrondie dans le sud, rectiligne dans le Nord.

C'est vers le 13e siècle, qu'on lui adjoindra un gaillard d'avant et un gaillard

d'arrière à la manière des navires anglais qui avaient inventé ces plates-

formes pour leurs archers dès le siècle précédent. C'est aussi à cette

époque qu'apparaît le beaupré qui ne sert au début qu'à permettre de

mieux orienter les boulines. Le gréement va, lui aussi, suivre une lente

évolution avec un mât unique au début avec une voile carrée. Viendront

ensuite le mât d'artimon, puis le mât de misaine.

1.

Ce bateau va se répandre jusqu'au 14e et même au 15e siècle depuis la

Baltique et la Mer du Nord jusqu'en Méditerranée. Certains des derniers

cogues pouvaient alors charger 1.000tx. Ils furent détrônés par les

hourques apparues à la fin du 14e siècle."

cogue (Buisson, Bonnefoux, Duron, MM74-4)

Coiro - Pirogue monoxyle de la Côte d'Ivoire sans bancs de nage. Les flancs, très fins, sont liés avec des fibres de palmier. (Kerchove)

Collingwood skiff

- Canot aux extrémités pointues des Grands Lacs canadiens, apparu au 19e siècle. Vers la fin du 19e siècle, il changea de nom au profit de celui de celui Mackinaw boat, en devenant un bateau apprécié des plaisanciers. (G. Ramsey, 2004)

Columbia River salmon boat

– Bateau de pêche au saumon utilisé de la Californie à l'Alaska. la coque est non ponté, pointue aux deux extrémités, construite à clins et avec une

dérive centrale. Il a un bouchain rond et un léger dévers vers le franc-bord. La quille est horizontale. Il a quatre bancs de nage et un mât avec voile à

livarde, implanté sur l'avant (dimensions moyennes : LHT: 8,50 m, B: 2 m, C: 0,60 m).

(Kerchove)

Compradora

- Pirogue monoxyle des eaux côtières de Bahia (Brésil) (dimensions moyennes : LHT: 9 m, B: 3,30 m, C: 0,60 m). La coque a un avant d'allège et un

fond plat. Les côtés sont très frégatés. L'arrière en V est plat avec des élancements. Il y a deux bancs de nage supportant deux mâts ayant une

importante quête en avant. Il n'y pas de barre.

(Kerchove)

Conque – Ancien nom de la pinasse de Bayonne. (Clairac)

Coque

1.

    Petit caboteur breton du 15e siècle. (Trousseboeuf)

2.

    syn. coca - Petit bateau rond du Moyen-Age utilisé aux Baléares comme allège. (Macaire)

Coquet - Genre de pinasse du nord de l'Europe au Moyen-Age. Les bretons en utilisaient au 15e siècle pour le petit cabotage.

(Trousseboeuf, Buisson)

Coqueta - Deux-mâts portugais avec voile principale latine et voile d'artimon à corne. (Kerchove)

Coquiller  Sloop de la rade de l’Atlantique utilisé pour le dragage des coquilles.

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